La vague sait ça. Elle aussi hésite au bord de la plage avant de se jeter sur ce rivage trop seul qui ne demande rien et prend tout.
A peine posée déjà rappelée. L'océan ne pardonne pas à ceux qui s'attardent.
Tu me glaces la moelle de tes souvenirs roulés comme des galets, infecte marée, avec ta fièvre blanche et ton écume qui ne promet rien.
Tu cherches la vie avec une telle violence que tu t'échoues aux lèvres d'un pays sans nom qui porte le visage de l'inconnue.
Trop lourd de larmes. Trop vide. Boulimique d'espérances que la liberté fuit parce qu'elle n'aime pas l'odeur du désespoir poli ni la bienséance des âmes qui saignent en silence.
Tu retiendras tes cris. Tu ne défèqueras pas ton chagrin demain. Tu resteras sur cette plage.
Nous n'en parlerons plus. Nous ne parlerons plus. Plus de nous. Plus.