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Steve DELCOURTE

Mirage et brume

Mirage et brume, écume et vent,
Mon cœur s'en va, léger, mouvant,
Dune sans lune, nuit sans nom,
Il ne voulait plus être grand.

Le décor était mort ce dimanche de printemps,
La lumière elle-même avait renoncé,
Les arbres immobiles comme des témoins muets,
Et le ciel blanc, indifférent, éternel.

Ton regard froid posé sur moi comme une absence,
Tes yeux mouillés d'un éclair blanc,
Les gestes figés dans leur dernière danse,
Le silence entre nous, plus lourd que le temps.

Mirage et brume, écume et vent,
Mon cœur s'en va, léger, mouvant,
Dune sans lune, nuit sans nom,
Il ne voulait plus être grand.

Ton amour avait un prix que je ne savais pas lire,
Ces mots donnés comme on jette des pierres,
Ces tendresses comptées, mesurées, avares,
Et cette façon qu'tu avais de disparaître sans partir.

Et son cœur trop grand ne savait que souffrir,
Trop ouvert pour ce monde qui ferme ses portes,
Trop vivant pour ces amours qui avortent,
Trop entier pour apprendre à ne plus sentir.

Un lit étroit, un corps tremblant dans le noir,
Le souvenir de cet instant suspendu,
Ce que l'on croyait tenir et qu'on n'a pas pu,
Et ce mot final — au revoir — pour tout avoir.

Mirage et brume, écume et vent,
Mon cœur s'en va, léger, mouvant,
Dune sans lune, nuit sans nom,
Il ne voulait plus être grand.

Les saisons passeront sur cette blessure ouverte,
D'autres visages viendront, d'autres matins incertains,
Et peut-être qu'un jour, au détour d'un chemin,
Il trouvera enfin une âme qui mérite.

Mirage et brume, écume et vent,
Mon cœur s'en va, léger, mouvant,
Dune sans lune, nuit sans nom,
Il n'a jamais pu être grand.