Il était une fois une fille dans les bois qui chantait pour que l'amour vienne à elle. L'amour ne vint pas. Seulement le vent et le silence des chevaliers occupés ailleurs.
Alors elle alla voir les spécialistes. Ceux qui savent remodeler l'espoir en silicone et en points de suture. On lui sculpta un corps de vitrine. On lui dit : maintenant tu es prête.
Un homme passa. Sans titre ni galon mais avec des mains. Il apprécia l'œuvre fraîche avec la désinvolture de celui qui sait qu'il ne restera pas. Et il ne resta pas.
Le prince charmant finit par entendre le chant. Il vit la donzelle remodelée. Il préférait les femmes classiques. C'est ce qu'il dit.
Ce qu'il voulait dire c'est qu'il avait peur de ce ventre-là qui portait déjà une vie qui n'était pas la sienne.
Il s'enfuit. Comme ils s'enfuient tous quand la réalité déborde du cadre.
Et elle resta. Avec son enfant. Avec son cheval. Avec son corps sculpté pour les autres et sa vie à reconstruire pour elle.