Un alexandrin ce n’est point douze syllabes Pourtant je n’en vois que cinq «un alexandrin » Drôle de longueur pour ce genre de variable ! Ô poésies des mots, ô poésies des lendemain.
Raconte-moi encore tes longueurs en une fable Celle qui m’émeut, celle qui m’évade du réel Vas-y j’t’entends, émoustille ma cervelle Enflamme-moi aussi fort que ce beau diable
Comme un petit Poucet perdu dans la forêt Je compte mes vers comme mes cailloux en poche L’ombre des arbres géants qui me ricochent Qui m’aveugle, qui me débauche en cet été
Où la clairière fait jour de tes longs vers Maléfique sorcière des bois de mon enfer Laisse-moi m’exprimer en vers libre de mes idées Laisse-moi m’envoler loin des loups affamés
Oui rien qu’une fois loin de cette métrique Laisse-moi donc tranquille ou alors je te quitte Oui, j’ose te le dire, j’ose prendre ma liberté Car derrière ces rimes chaque mot est magique
Merlin m’enchante de t’écrire cet écrin Libre et lumineux, saoule et rabat-joie Que la meute errante hurle dans ces endroits Pour te dire que je n’aime pas les alexandrins
Si Mère-Grand me racontait tous ces émois Celui des longues phrases de ma douce France Qui me promène dans ces châteaux qui m’offensent Oh ma cathédrale sonnant les cloches en moi
Toi ma belle au bois dormant me portant cet amour J’écris, te lis chaque nuit pour te voir le jour Réveille-toi, sauve cette langue d’un baiser Offrant l’héritage en rime embrassé