Née au cœur de deux cultures, j’ai parfois eu du mal à trouver ma place.
J’aime autant les beaux vers de Molière, que les simples expressions de mon tonton vivant de l’autre côté de la mer.
J’aime autant les pâtes au beurre à peine salées, que les plats en sauce de l’Algérie, où les épices semblent vivre à l’infini.
De la même manière que ces deux pays l’ont été il y a des dizaines d’années, mon cœur est en guerre, et comme les harkis, il ne sait de quel côté pencher.
Une chose pourtant les rassemble : ils me font ressentir tous deux le sentiment d’être étrangère.
J’ai beau me fatiguer à chercher dans quel pays j’aimerais le plus habiter, je me demande parfois à quoi me sert cette double nationalité. Elle qui a seulement divisé mon cœur en deux.
Peut-être que ma place se trouve à mi-chemin entre ces deux pays, au beau milieu de l’eau.