C’est un bourg échoué sur le flanc d’un aber Où doivent se conter des histoires de mer; Les rues à angle droit sont de large manière Pour laisser pénétrer le vent et la lumière. Sur le quai, dans des pubs baignés de brouhaha, On peut venir s’assoir sans aucun tralala, Manger du poisson frit, siroter une pinte Et se réconforter dans une chaude enceinte.
Il faut pour y aller cheminer vers le nord Tout au long de vallées amples dont chaque bord Se dresse pour cacher ses hauteurs dans la brume Et ainsi d’un fantôme, endosser le costume. Au font de ces couloirs torves et naturels Se découpent les lochs aux longs reflets de ciels Dont les obscures eaux nimbées d’aura mystique Renferment une part de légende celtique. On roule sur des voies au macadam étroit Au milieu de prairies occupées par endroit Par des vaches Highland ou des moutons blackface Qui, entre des murets, pâturent du ray-grass.
Laissant derrière soi ce grand massif désert Et se trouvant soudain au niveau de la mer, Arrivé dans ce bourg que la lumière inonde, On pourrait aisément se croire au bout du monde. Mais un port est ici et un ferry à quai Dont le moteur déjà martèle son hoquet Afin d’appareiller vers de prochaines iles Où vivre au jour le jour de nouvelles idylles.