Où es-tu Muse qui, par ton oisiveté Négliges de chanter, ce qui était ta force, Qui, dans de vains sujets, à ton art fais entorse Et fourvoies ton éclat dans la médiocrité ?
Reviens, Muse oublieuse, il faut te racheter, Que par de nobles vers, ta création se corse En fêtant l’âme qui aime te voir retorse Et a toute confiance en ton habileté.
Lève-toi, paresseuse et scrute le visage De mon amour pour voir s’il n’est quelque ravage Que le temps aurait pu infliger à ses traits.
Pourfend ce ravageur, sois plus agile, moque Son ouvrage insidieux; de mon amour, invoque, Pour les rendre immortels, ses ravissants attraits.