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Pierre-Emmanuel ARCHEREAU

La Pluie

Parfois espérée, d'autres fois trop abondante,
Souvent réprouvée malgré sa nécessité,
On l'incante là-bas, on la subit ailleurs.
On la perçoit venir dans la fraîcheur soudaine.
Elle tombe sur le monde en masse géante,
En trombe ou en averse ; dehors exposée,
La faune alerte, cherche des lieux protecteurs.
La flore groggy à chaque goutte s'égrène.

Ses métamorphoses immuables vont et viennent.
De son nuage précipité jusqu'aux oasis,
De l'océan évaporé aux nimbostratus,
Le cycle de l'eau lui fait traverser les temps.
Elle voyage pour devenir diluvienne
Alors à terre, elle suit des chemins propices.
Son ruissellement forme et modèle un limbus,
Lui ouvrant les voies aux prochains déferlements.

Le ciel est bas et gris sur la plaine, du vent
D'hiver porte sur les toits cette dépression,
Qui vient endiguer le dimanche après-midi.
La pluie s'invite tambourinant aux fenêtres.
Elle dégringole en bourrasques maintenant.
La nature s'est figée, donnant l'impression
D'une vaste étendue où la vie étourdie
S'est retirée, laissant un espace sans être.

Il pleut depuis longtemps, l'humidité pénètre
L'esprit en immisçant l'ennui au quotidien.
Ils sont des instants se prêtant à la paresse.
En ville, des grappes de parapluies éparses
Dispersent des couleurs floquées au pluviomètre.
L'ondée au vent mauvais décharge son chagrin.
Qui cantonne les citadins dans la mollesse.
Auparavant, c'était les giboulées de mars.

Mai 2026