La Chute
Muré dans les dilemmes de l’adolescence,
Sur la route de l’école buissonnière,
Quand les vapeurs de nicotine étaient coutume.
Les premiers paquets d’un tabac sans essence.
Surchargé de livres, un sac en bandoulière,
Il traîne sa nonchalance sur le bitume.
Au fil des mauvaises notes il rompt ses liens
Tissés, malgré lui, pour apprendre la révolte.
Son temps s’écoule à regarder par la fenêtre,
Ses songes évanescents se perdent en rien.
Il s’insurge de l’enseignement désinvolte,
Issu d’une république de petits maîtres.
Un jour, elle vint, dans ce lieu de bobards,
Le trouver, pour porter à sa bouche un baiser.
Ému, par le désir qu’il suscite à ce cœur.
Troublé, par la constellation de son regard.
Il plonge dans cette histoire pour explorer
Les sentiments passionnés et cascadeurs.
Il ne compte plus les heures, à corps perdu,
Lancé dans une quête de la découverte.
Il rêve aux milliards d’étoiles dans ses yeux
Il voudrait les voir dans son ciel, suspendues.
Habiter dans sa tête sa planète offerte.
Pour la cultiver de leurs plaisirs amoureux.
Au loin, sous l’astre solaire, ils sont authentiques.
Dans les sous-bois pris dans la pénombre, ils s’embrassent.
Seuls dans un halo fluorescent, ils s’étreignent.
En nouveaux adeptes de l’amour fanatique,
Emmêlés dans des caresses, leurs corps se brassent.
Le désir à fleur de peau, leurs sangs s’en imprègnent
Le souffle haletant se conjugue aux mots tendres.
Les rires partagés président les élans
Fusionnels et les doux charmes s’accomplissent.
Les émotions en masse ; une main à prendre.
Profil d’une âme salutaire en plein écran.
Les sens effilés par l’effeuillage complice.
Au terme du vent d’hiver épris par surprise,
Le silence se fit entendre : ombre d’un « la »,
Un orage intérieur, un grondement sourd,
Ces deux mondes consumés, désert d’hypophyse ;
La passion trahis, fait raisonner le glas.
Liaison cristallisée sur l’hydre de l’amour.
Dès lors, soumis à l’absence d’un horizon,
Comme une sentence acerbe vomit dans un crie.
Le vertige du bonheur est un gouffre amer
Quand on effleure ses biens faits avec raison
A la confluence du temps et du mépris
Idée de plénitude gardant ses mystères.
Sans au revoir, elle décida de partir.
Laissant s’infuser la diatribe dans l’espace
Et les larmes glissent dans l’air empreint de peine.
Elle a pris la tangente et choisi d’en finir.
Mêlant dans ses traces le chemin d’une impasse.
Et l’indifférence transpire dans ses veines.
Quand vint le mois de Juin à boire un cercueil,
Du haut de ses quinze ans en comptant les étages,
La vue brouillée par l’alcool, il la devine.
Quatre à quatre, il monte jusqu’au toit et au seuil
De la mort, il la dessine dans les nuages
Pour que sa vie s’envole avec son héroïne.
Novembre 2021