Quand autour de l’étang les saules se recueillent et que l'onde frissonne à force de songer, sans doute suis-je ému que les nymphes s’effeuillent mais ma soif est pour toi – qui pourrais émerger.
Quand – face à l’eau dormante où ta pose m’inspire – je cherche à te baiser le front ou les cheveux, c’est immanquablement tes lèvres que j’attire comme s’il me fallait obéir à tes vœux.
Quand – tout en redoutant que tu ne sois un leurre – je cherche à te baiser la paupière ou le front, c’est immanquablement ta bouche que j’effleure comme si tu voulais que j’en boive le fond.
Comme si tu voulais, quand l’heure est aux prémices, nous contraindre aussitôt à l’acte de la fin et nous priver ainsi du jeu d’être novices et de garder en bouche intacte notre faim.
Sans doute suis-je ému que tes lèvres me veuillent et survivent encore à la fonte du jour, mais j’attends désormais que les nymphes m’effeuillent et – sans la moindre hâte – accomplissent l’amour.