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Pascaline BAUDRY

...Quand ton corps te trahie...

Ton corps t’a échappé,
Il a décidé,
Sans te demander
Ton avis, de créer
Un cancer...

(Ce mot tellement anxiogène.)

Une grippe, tu la sens arriver. 
Tu sais quand elle commence,
Tu sais à peu près quand elle finit,
Tu sais comment la soigner.
Mais le cancer
C’est quoi ce truc ???

Ton corps a fabriqué
Quelque chose de terrifiant,
Quelque chose de violent,
De profondément déroutant.

Alors une question s’impose, nue, sans fard :
Comment peux-tu encore lui faire confiance ???
Pourtant,
Tu avais fait un travail personnel immense. 
Des années à te comprendre, à te transformer, à cheminer en conscience.
Et quand même un cancer !!!

Pourquoi cette maladie ??? 
Pourquoi maintenant ???
Pourquoi ton corps te lâche,
Alors même que tu croyais l’avoir écouté ???

Ces questions
Tournent en boucle,
Elles secouent,
Elles fissurent
Les certitudes
Spirituelles,
Psychologiques,
Humaines.

Pendant les soins, il y a un cadre,
Le protocole prend le relais,
Il te porte quand tu n’as plus la force de penser. 
Il t’évite de trop réfléchir. 
Il te permet de te concentrer sur une seule chose : guérir.

Même quand le corps refuse. 
Même quand la peur est immense. 
Tu y vas quand même.

Et là,
Tout le personnel soignant ;
Ces personnes qui savent
Reconnaître le refus. 
Ces personnes qui savent
Montrer le chemin vers l’acceptation.
Ces personnes sont des Anges sur terre.

Puis vient la fin des soins
Et le vide. 
Plus de protocole. 
Plus de chemin tout tracé.
Le corps est épuisé. 
Il doit être réapprivoisé.
Comprendre ce qui lui est arrivé. 
Intégrer physiquement
La violence des traitements. 
Puis mentalement.
Faut continuer malgré tout
Avec les conséquences
Et les séquelles
Qui vont avec le pakage.
Des paramètres de plus
Qu'il faut aussi absorber.
Oui c’est lourd...

Alors non,
Ton corps ne t’a pas simplement trahie.
Il t’a obligé à descendre au fond de tes tripes. 
A rencontrer une force que tu ignorais. 
A retrouver des parts de toi
Que tu avais laissées de côté.

Aujourd’hui, tu ne cherche plus à le contrôler. 
Tu apprends, lentement
A l’écouter autrement.

Parce que ce corps-là, 
Celui qui a traversé, 
Celui qui a tenu, 
Celui qui continue,
Reste un messager.

Tu l'habites un peu mieux chaque jour.
Tu reprends possession de ta maison,
Etape par étape
Et tu reconstruis tes murs,
Brique après brique...

Ton corps a fait tout ce qu’il pouvait
Pour te garder en vie.
Ton corps
Tu l'honores...