Pour la larme sensible Qu’on ne refoule plus, Qui scintille limpide Comme la source claire, Puis s'écrase d'émoi Pour la peine des autres Sur la face candide Des âmes généreuses Et attendrit nos cœurs : Je loue le Créateur.
Pour l'éclat fracassant Du rire saccadé Aux accents contagieux Qui s'élève, sincère, Des gorges déployées Sous des blancheurs calcaires Et réunit nos cœurs Dans l’humeur chaleureuse De l’harmonie des âmes : Merci, Dieu d’Abraham !
Pour la douleur houleuse Qui fait gémir les braves, Contraint tous les visages Au rictus grimaçant Et défigure en pitres La grâce et la beauté, Mais qui rétracte et sauve La main roussie du feu, Le pied nu de l'épine : Elohim, je m’incline.
Pour les états de l’âme, Pour les hauts et les bas, Pour la fièvre et les flammes Qui, au fond, nous embrasent Dans la fougue et l’ivresse ; Pour la pluie et le spleen De nos nues intérieures Qui, ternes, nous accablent De lourdeur et mollesse : Je clame Ta sagesse.
Pour ceci ou cela Qui nous révèle à nous Et nous élève à Toi – Sanglot, sourire, épine, Tendresse, ivresse ou stress... – Oui, pour quoi que ce soit Que nos cœurs, que nos âmes, Que nos corps, que tu fis, Catharsisent ici-bas : Sois béni, Jéhovah !