Nous avançons, pantins sur les plages du Temps, drapés dans l'écume rougie de naufragés, trempés de voix dissoutes, étreintes et souffrances. Nous fendons l'air, l'ombre amère, frôlant les fantômes des noyés dans la rumeur mugissante du ressac. Nous nous libérerons des carcans, du souvenir des peaux glacées, des yeux enfuis dans des trous noirs. Nous serons étoiles rendues à l'univers le soleil dans les mains, emplis d'une joie nouvelle à poser sur les plaies au détour des chemins. Et nous serons unis, chevauchant la tempête, nous de tous horizons et de tous continents, oublierons les clivages, ouvrirons des fenêtres, dans les barrières qui lentement tomberont. Nous serons des humains, nés d'une même mer et regardant chacun dans le regard de l'autre la magie du Vivant, l'éclat intemporel par-delà toutes morts... Celui de l'Amour.