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Muhammed Aksac

France, noble et meurtrie

Pauvre pays, jadis berceau d’honneur,
Voici que pleure ton antique splendeur.
Ton patrimoine fut dévasté,
Tes monuments sont désormais négligés.

Mon ressenti, troublé, croit t’entendre :
Ô pays de Marianne, que je vois descendre.
Ton courage, droit, demeure vaillant,
Mais ton joli drapeau se plie sous l'affront criant.

Les villes subissent des menaces sourdes,
Tandis qu’une foule, à la parole lourde,
Brise les mœurs d’un pays indulgent,
Ébranlant la paix d’un peuple clément.

Et pendant que reposent nos preux soldats
Sous les tombeaux froids après leurs combats,
Le silence s’étend, cérémoniel,
Sur l’honneur tombé en sommeil éternel.

Les ruelles de Paris, autrefois vivantes,
Où notre enfance fut insouciante,
Sont désormais en train de périr en souvenirs,
Témoins muets d’un passé à chérir.

Les campagnes, paradis de nos vacances,
Offraient de belles apparences.
L’accueil d’autrefois, franc et ardent,
N’est plus qu’un geste devenu hésitant.

Les discours vains entravent l’élan,
Et nul ne répond aux besoins du vivant.
Travailleurs, citoyens, tous fatigués,
Ont le sentiment que tout bien a fugué.

Où sont passées les joies de l’ouvrier,
L’ivresse des soirs pour se soulager ?
L’inquiétude enragée se stimule.
Le recul gagne nos terres industrielles,
Et le progrès fuit les innovateurs fidèles.

Mais malgré tout, se cache en notre âme
La lumière secrète de sauver une patrie en drame.
France, ton charme s’amplifie encore,
Que l’on chérit au plus profond du sort.

Tes plages du passé, aujourd’hui blessées,
Conservent pourtant des beautés entassées.
Et ton esprit, qui en a assez, quoique presque meurtri,
Guérit encore la maladie de la patrie.
Le temps verra fuir l’ennemi sans bruit.