Passé et présent sur la rive. Je dérive hallucinant mes propres flammèches, Je bois la calamine sèche telle une ivresse mendiée : Il n'est plus de brûlure intérieure que je n'aie niée. J'ai déployé mes blessures de loups, J'ai pleuré des larmes sur mes cicatrices, sur mes fièvres, J'avale le feu mièvre, je m'ouvre aux étincelles tranchantes, Égaré dans la forêt qui chante de braise, J'en reviens le corps calciné, statue de cendre parmi les statues ; Mes pas nus, mes poings, Taillés dans l'écorce des flammes, S'éteignent, muets, au creux de mon âme de charbon. Et le peu qui reste de moi n'est pas bon.
De rebond en rebond, méchant crépuscule, Tyrannie et joug face à ma force minuscule.