Au faîte de tes jours, te voici, peintre ascète, Béni de ta pensée, et d’un désir constant, À te munir, dès lors, d'un pinceau ; te tentant, De brunir le tableau de sa blanche facette.
Mais toujours figes-tu, ta main, paume en pincette, Face à l’œuvre étendue, opalain vaste étang, Car tu crains son attrait, son doux voile envoûtant, Et tout ton geste, en vain, te desserre et s'arrête...
Crois-y, crois-y Ô frère - à ce chant qui t'atteint ! Pour qu'enfin ton faisceau, d'un éclat poil d'étain, Vienne effleurer la toile où ton couleur s'emmêle...
Or, par cet art frappé de ton empreinte d'or, Tu te retrouveras, sans honte, ni remords, Dénommé sur les bords d'une fresque éternelle.