Elle était tout pour moi, je n’étais rien pour elle, Et pour elle mon coeur battait secrètement. Je n’aurais point osé … non qu’elle fût cruelle, Mais j’étais invisible à ses yeux, simplement.
Invisible à ses yeux, moi qui ne voyais qu’elle ! Peut-on se figurer un plus affreux tourment ? Le plus disgracieux épris de la plus belle : Un regard m’eût été comme un enchantement.
Et puis ce regard vint, il vint, un regard d’elle ! Et pour mettre le comble à mon contentement, Fut suivi d’un sourire, écho de sa prunelle, Tandis que ses beaux yeux me fixaient tendrement.
Un regard, un sourire, une parole d’elle ! Et l’éveil dans son coeur du plus doux sentiment … Le bonheur ce jour-là m’emporta sur son aile, Et je plane depuis dans son clair firmament.