Transfiguration
C’était en quelques mots, le mal, de force brute,
Tout Haranguant, râlant, grognant, ce qu'il éructe
Fait tressaillir le corps et glace jusqu'aux os,
Sa simple évocation donne froid dans le dos.
Vivant, il est souvent caché parmi les hommes,
Et se repaît toujours de chacun des travers
Qu'ont les siens, cœurs aigris, abritant l'anthonome,
Qui ronge doucement leur âme tel des vers.
Sombre vie qu'est la leur, baignée dans la souffrance,
Rien ne laisse penser qu'il puisse s’échapper
Un rayon de couleur de leur âme en errance,
Prise au piège dans l’ombre où seuls ils sont happés.
Voilà le cadre noir de l’âme déchéante,
Soulignant au crayon les traits de sa douleur,
Et cherche quelque part la flamme étincelante,
Qui pourra la sauver du carcan de noirceur.
Dieu, qui ne juge pas, ce Dieu que l’on vénère,
Lorsque tout est plié, terminé, sans espoir,
Dieu seul sait libérer l’âme de la chimère,
Allumer l’étincelle au fond de ce trou noir.
Et tandis que le feu se répand en l’infâme,
Il réchauffe, en brûlant tout le mal répandu,
Redonne la couleur et la lumière à l’âme,
Transfigure ce cœur que l’on croyait perdu.