là-bas les cloches sonnent le glas d’un air las les entendrais-je à mon enterrement quel chemin sinueux suivra ce paysage dans mon cœur vibrant au gong du trépas ira-t-il suinter jusqu’à l’âme
comment l’amour inconsistant par essence peut-il durer si longtemps à ne plus savoir qui il est ni pourquoi il t’incite encore à baiser fiévreusement ces lèvres amies peut-on mourir béat de passion après avoir vécu benêt de dévotion
l’infini des questions irrépétibles crée une montagne raide grimpant au ciel j’y marche perdu dans la brume des possibles la vie est un jet de dés un coup tu souris un coup tu meurs tu n’y peux rien c’est écrit mais où par qui
revenu de tout peut-on s’évanouir sans souffrir quand après la fournaise on espère un vent frais signe de renaissance et que vient à sa place le vent lourd de l’irrévocable délivrance
pour qu’enfin je comprenne l’incomplétude des destins humains il me faudra atteindre le haut de la montagne là je verrai tous les chemins converger vers elle après mille détours tous les cris tous les chants s’unir dans la même plainte qui deviendra silence tout finit ici où il n’y a plus de détours plus de cris plus de chants et surtout plus jamais de questions