“Il n'y a rien qui rende fou Comme le calme en plein malheur” Faut-il franchir le garde-fou Pour que s'entende la douleur ? ****** “Surplombant un monde inchangé Un ciel de paille et de lumière" A des airs de toile ouvragée Pour un oracle sans prière.
****** - Avec André Breton :
“Voici les Pères blancs qui reviennent de vêpres Avec l'immense clé pendue au-dessus d'eux” Et, dans une égarante piété, ils s'entêtent À voir leurs sandales comme accès aux Cieux.
****** - Avec Yves Bonnefoy :
“Et quand je bois l'eau tiède où furent tes lèvres, C'est comme si le temps cessait sur les miennes” En quelques gorgées cet élixir m'enfièvre : Je sens mes cellules revenir aux tiennes.
****** - Avec Jean Cocteau :
“L'encre livre au papier ma funeste folie Ce ne sont pas des vers que ma plume déplie.” La noire substance des corps horizontaux Nourrit non des strophes mais de pesants étaux.
****** - Avec François Cheng :
“Le trésor terrestre à peine effleuré, Voici que, muette, l'aurore se retire,” Laissant cette vivante profusion pâtir Des carnages les plus élaborés...
****** - Avec Paul Claudel :
“Délivrez-moi de moi-même ! délivrez l'être de la condition !” Que chacun jauge son humaine aspérité pour résoudre la juste équation...
****** - Avec Georges-Emmanuel Clancier :
“Seul, j'écoute la vaine rumeur des vies égarées, Par la nuit je l'écoute et sous l'ombre de mon silence,” Rien ne me parle : du bruit sans air, son sans consistance. À l'aube, loin du remugle sonore, seul, épuré.