Et Septembre s'est assis en silence Sur le tas de bois que l'été a séché. Au roncier, les mûres joufflues se balancent Sous les sauts des fauvettes éméchées, Comme une offrande, après les jours d'Août, Faits de soif, de brûlures et de doute.
Septembre s'installe en gentleman, Dans les bois, les prés,les torrents domptés Au vase, où les bouquets se fanent À l'horloge lasse de décompter Avec méthode, la course en avant Du temps qui fuit et qu 'emporte le vent . .
Septembre se pose, petit à petit Sur la grappe sucrée qui ruisselle Et dans les becs des plus gros appétits Insatiables poussins devenus celles Dont le premier cri déploiera les ailes Qu'elles soient Grues,Huppes ou Hirondelles.
Et par un chant de grillon timide Dans la tiédeur d'une soirée mouillée Au deuxième jour de l'éphéméride Septembre pieux, sera agenouillé Auprès de la dépouille du mois passé Tas de bois sec, pour l'hiver, amassé.