Janvier, écrit pas à pas son chemin On le lit , raconter ses histoires Sur la neige lisse, comme un parchemin, Page blanche sur son écritoire Où tant de confuses signatures Paraphent une dernière torture.
Ici, où l'animal invisible D'un bon, a surpris la proie inerte, Plus loin, sur les pentes inaccessibles Quand des serres ont saisi, ouvertes Le souffle brûlant d'un fuyard apeuré Plongeant jusqu'à l'âme, d'un corps lacéré.
Janvier joue ainsi, son dernier acte Dans le regard de la bête qui a faim. Janvier ne respecte pas le pacte Il fait mourir le faible pour qu'enfin, Abreuvée de peur, la vie soit donnée Dans l'appel d'un innocent, nouveau né .
Voici les tristes histoires racontées, Par les frimas d'un hiver sanguinaire Aux tout petits enfants épouvantés. Blottis à l'âtre des centenaires. Janvier resserre les troupes et s'invite Auprès de la flamme qui crépite.
Alors, dehors, le vent furieux s'entête A effacer les traces des méfaits Que janvier inflige aux hommes, aux bêtes. Mais son labeur n'a déjà plus d'effet Sur le jour, qui, courbant le dos d'ennui Se repaît des instants, pris à la nuit . Dans ce mois, si froid, si long ,si cruel La nuit, face au jour, perdra son duel !