Février trace sous ses pas Des sillons de boue pétrifiés Que de matinales gelées Sculptent en dentelles de soie Quand le froid de la nuit passée, Oeuvre, sans jamais, se lasser.
Puis,
Février souffle dans ses mains Dans la clarté pâle du jour Et les tamaris tout autour Se figent, gavés d'air marin. Sous le vol gracieux des flamants S'embrase enfin le firmament.
Ainsi,
Février a dans les poches Bien des choses,qu'il ignore ! Les tintements à l'aurore, Des stalactites aux roches, Et dans le lever du soleil Vénus, brillant, sans nul pareil.
Alors,
Après le lever astral Février réveille la fleur Enhardit le merle siffleur Et d'un souffle magistral Enlève en un peu de temps Les brouillards, au pré, à l'étang.
Car,
Février le plus petit mois, De l'hiver, dernier héritier Porte en lui, un peu de janvier Et de Mars, un peu, des émois.