Avril s' impose comme le fils Du printemps qui s'installe enfin. Il offre un feu d'artifice Aux crépuscules de ses confins Comme pour conjurer la mort A l'éphémère, il jette un sort.
Avril s'invente un destin En offrant la fleur éclose Comme le plus sucré des festins A l'insecte qui se pose Sur les étamines tendues D'une corolle suspendue.
Avril accueille les revenants Ceux que l'automne avait chassés Loin de leurs logis avenants, Et leurs histoires ressassées Pendant de trop longs voyages Se perdent dans les nuages.
Avril, de paille entremêlée Berceau tout doux pour l'oisillon. D'herbes folles et de fleurs mêlées Comme un présent au papillon. Et de cerisiers lourds de fleurs Offerts au merle noir siffleur!
Avril,viril qui voit en vert Là où s'attarde son regard Avril,viral, tout à l'envers Qui attise sans crier gare Au plus profond de chaque âme L'étincelle qui fait la flamme!