Les oiseaux, eux aussi, souffrent du vertige. Ils chantent pour faire croire à leurs partenaires, Aux plus sveltes, fines et aux callipyges, Qu’ils ont le tournis de tous leurs adultères.
Les oiselles, elles aussi, ont le mal de mer. Elles vocalisent pour trier leurs prétendants Les plus colorés qui leur promettent l’enfer Les plus timides et ceux qui n’ont pas de dents.
Les oisillons, eux aussi, ont des haut-le-cœur. Ils piaillent au creux du nid ogres voraces Prêts à ingurgiter sans goût pour les saveurs Jusqu’à être ingérés par un grand rapace.
Éblouissements, nausées et vomissements Perturbent les jours des espèces aviaires. L’humanité ignore tout de ces tourments, Se croyant seule à souffrir sur cette Terre.
Les pilotes, stewards et hôtesses de l’air Planent sans ailes au-dessus des océans. Leurs passagers, dans une confiance de fer, Ignorent les oiseaux et la force des vents.