Si tu n’étais qu’un rêve, que serais-je alors, Une onde molle sur le plat d’un océan, Un fleuve égaré chariant des galets d’or, Un corps désireux des élans de ses amants ?
Je ne serais qu’un fantasme de nos univers, Galaxie d’impossible à vouloir s’inventer. Au creux d’une pomme, j’irai nu comme un ver, À me repaître d’une pulpe à savourer.
Le temps ne se décompterait pas du manque Ni de l’absence à se vouloir disparaître Dans les contorsions d’un leste saltimbanque, Je ferais bonne figure dans l’air des êtres.
Le réel s’effleure aux caresses de ta peau, Aux silences de baisers d’inutiles mots, Quand le frisson brûle nos légers oripeaux, Quand nos corps se découvrent dans leur doux tempo.
Je te rêve pourtant de ce même désir, À sublimer les orgasmes découvertes, Aux limites à-pics des bords bleus du plaisir, Quand le temps suspend le devenir inerte.