Un ange garde ses chaussettes pour dormir, Juché nu sur le haut clocher de l’église, Il rêve d’amour, de bonheur et de soupirs. Sur les genoux posée, il tient sa valise.
Mon ange gardien ne couche plus dans mon lit. Mes songes nocturnes le dérangent de trop. Il revient au petit matin, pour mon suivi M’offrir sa protection d’un égal renouveau.
Ses ailes de plumes le protègent du froid. Les bas qu’il m’a volés lui réchauffent les pieds. Vers le ciel et les étoiles, il pointe son doigt. Se prend aussi parfois à se gratter le nez.
À partager longtemps mes voyages de nuit Au pays des barrières bleues levées sans frein, À voir des images sans limites d’envies, Ce doux ami s’est imaginé un destin.
Le jour il m’offre une protection sociale. La nuit, sur son observatoire il s’isole, Pour prendre une direction plus radicale. Les ailes déployées, il saute et s’envole.
Il retrouve ses compagnons de déveine, Qui tous abandonnent leur pernicieux humain Et volent plutôt que de s’ouvrir les veines Dans les cieux, pour un chant, en se tenant les mains.
Quelques plumes tombent parfois de leurs ébats Sur les lits de ceux qu’ils ont fuis loin de leurs nuits. Elles caressent la peau des rêves de leurs chats, Qui s’imaginent que Dieu est une souris.