Quand le renard a croqué la poule rousse Il ne se souvient plus des couleurs de la plume Il cherche encore à chasser fuyant ses frousses Le nez au vent prudent furetant il hume
Dans le vent se trouve toujours un doux fumet Exhalant les parfums subtils dans l’air ambiant D’une proie facile et de ses jolis secrets À déchiqueter d’un bel appétit gourmand
La queue touffue comme panache de gloire Le nez au sol à suivre la piste ténue D’une promesse de nouvelle victoire La bête et son désir toujours entretenu
Ni les pièges ni les coups de fusils adroits Ne délogeront goupil de son domaine Il faut donner aux poules l’abri et l’endroit Où elles peuvent vivre et picorer sereines
Après la ponte de leurs œufs elles chanteront À tue-tête et à tout vent leur contentement Que des oreilles fines au loin saisiront Comme grand menu à se mettre sous la dent
Ainsi va le cours sans fin du combat de vie Des animaux de basse cour domestiqués Que l’homme mâle dominant de ses envies Tient sous la coupe de ses instincts subjugués
Le poulailler reste une triste destinée Pour les volatiles épris de liberté Que leurs ailes magiques peuvent transporter Jusqu’aux extrêmes limites d’éternité
Le renard ne s’encombre pas du souvenir Son destin ne lui prodigue rien du chagrin Ni de la haine et il ne craint pas l’avenir Il court allègre et fou vers son prochain festin
La mort n’est même pas une option précise Seule la crainte primaire et son énergie Le propulsent en directions indécises Au gré des possibles des instants de survie.