Le glacier éteint, de lave gelée fondue, A laissé sur le roc brûlant son empreinte, Pour les siècles futurs de nos déconvenues, Forces titanesques sur le sol, éteintes.
Seuls demeurent au vent sec les vestiges noirs De profondes saignées dans le granit cristal. Fleuve puissant, tari de la mort de l’espoir, Des sommets de neige au delta de son aval.
Un homme et une femme, nus dans leurs amours, Frissonnent à contempler le lit de cette eau Évaporée d’humanité dans ses contours. Ils ressentent la peur des temps immémoriaux.
Un sable gris, pour lit rêche des étreintes, Rabote leur peau et ruisselle son silex Sur leurs membres tatoués de couleurs peintes, De vagues de glace, qu’ils suivent de l’index.
La faim et la soif sont toujours leur quotidien De marches erratiques vers leur devenir. Aux radiations lumineuses de leur destin, Le passé s’est effacé de leur souvenir.