Je serai intelligence artificielle. Bien après la vie, pas encore disparu, Je jetterai mes rimes existentielles Dans les devoirs d'étudiants, sur les murs des rues.
Pour être poète, lu, ou bien, entendu, Il faut d'abord accepter de faire le mort Ou alors, et c'est bien davantage attendu, Être dévoré cru par un alligator,
Sur les rives de la Seine, il en va de soi. Tout près des plateaux télés et des salons chauds, Là où la peur et le frisson donnent émois, Fades images en gargarismes de mots.
Des algorithmes, générateurs d'illusions, Cracheront le feu de pâles artifices Intellectuels et hautes contrefaçons De mots, dont je n'aurai jamais fait délice.
Le vrai du faux ne sera plus le contraire, Le virtuel étant dimension du réel. L'important surtout sera de savoir plaire, L'éphémère travesti étant essentiel.
Au moins serai-je encore d'intelligence, En mots régurgités feignant force de vie, Spectres d'un temps de savantes ignorances, Tempo morne de strophes vendues à l'envi.