Tu manges les mots comme dans les spots de la pub Débit accéléré pour digérer le temps Tel un logiciel qui défile sur son cube Pour éviter les arêtes du sens présent
Tu avales comme salive tes phrases Dans une bouche sèche comme le sable Pour une expression mystère d’herbe rase Pressée d’arriver jusqu’à l’inavouable
Course folle de vitesse de mots choisis Pour scander le rythme d’une circulation De sève et de désir chaud ignorant l’ennui Pour lancer vite à l’encan tes propositions
L’oreille qui t’entend décrypte chaque son Au ralenti de la conversation calme Feignant d’urger plus vite encore de frissons À précipiter un vif retour de lame
Vague après vague la marée couvre l’estran Jusqu’aux rebords de lèvres trop fardées mordues Par des dents blanches croquant goulûment le temps Inondant d’un calme plat le large inconnu.