Où nous allions courir l’espoir de nos amours, Au-dessus de la bataille des vents de Nord, Croyant ces instants du désir vifs pour toujours, Sur les pelouses rêches de ce haut Vercors,
Nous n’avons jamais entendu l’appel des loups. Seul le silence berçait notre propre temps. Au loin parfois quelques bêlements entre nous. Nous n’avions pour musique que nos mots d’amants.
Une meute sauvage d’animaux de sang Est venue mordre et déchiqueter les moutons, Réduisant de moitié un troupeau insouciant. Épouvante à Bouvante sur de vrais soupçons.
La mort a versé le sang sur l’herbe sèche, Qu’une canicule avait roussie de son feu, Une nuit, aux cris de chouettes chevêches, Montées sur le plateau au loin de leur milieu.
Aucune trace de nos amours sur ces lieux, Ailleurs que dans nos images du souvenir. Les loups ont profané ce site merveilleux, Affamés ayant une faim à assouvir.
Ils reviendront peut-être lécher le sol blanc De ce calcaire en falaises d’ancienne mer, Cherchant l’odeur et la trace fraîche du sang. Tout là-haut, la piste de nos amours se perd.