Vos
poèmes

Poésie Française : 1 er site français de poésie

Vos<br>poemes
Offrir
ce poème

Jean-Marc BUTTIN

Noir octobre de révoltes bleues


Pays cassé d’espoir futur, aux yeux crevés.
L’énarchie, servile au capital, a œuvré
Au pillage sourd des trames de société,
D’un verbe creux, de sa suffisance exhibée.

Une violence du quotidien, peaufinée
De réformisme assujettissant les esprits,
Pour que le profit ruisselle son or, volé
Au travail, dans les poches de riches nantis.

Violeurs de peuple et de suffrage électoral,
Faisant le contraire du verdict des urnes,
Au discours lissé des pensées de l’immoral,
Jusqu’aux racismes pour les plus taciturnes.

Les bien pensants, profiteurs de sueurs, de sang,
Sur le chômage, la faim et l’inculture,
Dictant leur loi d’élite rabougrie, au vent
Des privations et de lourdes déchirures.

L’ordre est aujourd’hui brandi comme un lourd bâton,
Une matraque de police en réponse
Aux aspirations de justice et d’horizon,
Des mots vides d’avenir, folles annonces.

La rue désordonnée, passages à l’acte
De blocs casseurs, d’adolescents de pillages,
Manifestants de juste causes, en pacte
Citoyen, revendication d’enfants sages,

Les médias du tout-venant, du sensationnel,
Jettent les verdicts noirs de leurs pseudos experts,
Tous tenant d’ordre en place et de l’émotionnel.
Sur les réseaux la pensée divague et se perd.

Nos élites sont médiocres, au ton hautain,
Donneuses de leçons, cachées sous leurs rentes.
Elles ne sauraient se mêler au menu fretin,
Condamné à monter seul la longue pente.

De l’ordre, de l’ordre disait un ministre,
Chauffeur de salle pour un congrès d’ahuris.
En ces heures tristes et des plus sinistres
C’est d’entraide sociale qu’a besoin le pays.