Sur tes fesses, sur le sable fin, j’écrirai Les mots silence, que la marée rejette Sur l’estran, caresses de doigts froids, abîmés À trop dessiner d’arabesques fluettes.
Sur tes lèvres, sur les galets, je poserai Des couleurs de morsures de vent, des signes d’engelures et de tempêtes de rejet d’amours aux désirs de pratiques indignes.
Sur tes joues, sur les coquillages, je verrai Les larmes de pluie, les stries de calcaire nues, Les rides apparues, où coulent les sujets De la tendresse et de toute déconvenue.
Sur ton ventre, sur les vagues, j’écouterai Le rythme profond des silences de la vie, La houle du plaisir, où je disparaîtrai, Pour ignorer toujours les creux de nos non-dits.
Sur tes reins, sur le fond d’océan, sur la mort, Je poserai les mots de l’insignifiance. Au quotidien banal du toujours et encore, Je poursuivrai seul sur les chemins d’errance.
Sur le ténu souvenir bleu de tes formes, Sur les embruns secs de ton parfum dissipé, Sur l’oubli noir, avant que je ne m’endorme, Je saisirai ton nom dans mon rêve éveillé.