Il ne suffit pas d'avoir cette prétention De la boire tout entière, pour en prendre Seulement la tasse ou une déglutition, À l'heure du thé ou d'un repas à rendre.
La mer, immensité, préfère ses poissons, Aux nageurs, surfeurs et à tous les plaisanciers, Amateurs de tourne-en-rond ou de ronds dans l'eau, Sur un radeau suicide d'humains émigrés.
Les pirates modernes aux riches butins Ne prennent plus la mer et restent dans le port, Font négoce de misère et de flux humains, Où tout espoir, avant de naitre, est déjà mort.
Touriste des bords de mer scrute le large! Tu y verras ton reflet, nu d'opulence, Ta compassion embarquée sur une barge, Où le rêve d'avenir n'est plus qu'errance.
Ce n'est pas la mer à voire monstrueuse, Elle demeure avenir en marées vagues Du fond des âges, de la vie prometteuse, Comme un arbre vert aux branches qu'on élague.
Un château de sable sur l'estran de galets Ne reste qu'un rêve d'adulte sans espoir, Aux jours bleus, sinistres, perdus dans ses projets, D'une planète au devenir en voile noir.
Viens, je t'emmène au large de cet océan, Là où l'amour n'est plus que belles écumes, Où il se pourrait que nous devenions amants, Oubliant les regrets de toute amertume.