Je pose tous mes bijoux, je me mets à nu. La peau au soleil ras et au sel des embruns. Au milieu de la foule, tel un inconnu, Cheveux au vent, buriné par un sable brun.
L'océan de canicule sur la plage Regarde au creux de ses vagues les touristes, Étendus comme sur présentoir des âges, Ventres obèses, cuisses de beaux artistes.
Pèle mêle, séparé en espaces clos De barrières invisibles à tout œil nu, Aérosols froids pulvérisés sur le dos, Le futur déjà absent à peine entrevu.
Je rentre dans l'eau au bon goût de sel marin. Je plonge pour toucher le fond invisible. Apnée d'impossibles à rêver de tes seins, Aux pointes frissons, promesses indicibles.
Je fais l'amour à l'absence de conscience, Sur une serviette de bain au vent de sud. Un lendemain noir, mort de son impatience, Comme loi de sperme bleu, verset du Talmud.
Absent à mon rêve quotidien d'abandon, Je déchire la mer d'un vaste passage. Dans un souffle d'enfer brûlant, je crie ton nom, Sur les châteaux de sable des enfants sages.
Au crépuscule desséché par le soleil, Un cadavre gît à côté d'une alliance D'or et d'un rubis enchâssé sur un vermeil. La vie à la mort s'incline d'allégeance.