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Jean-Marc BUTTIN

Éclipse bleue.


Derrière des lunettes noires certifiées,
Nous regardons vers le Soleil qui se cache
Sous la Lune, quatre cents fois diminuée.
Une couronne sur le plancher des vaches
Brûle de son feu nucléaire notre astre,
Sublimant notre satellite de grandeur,
Depuis que l’homme, pourvoyeur de désastre,
Y à poser les pieds, croyant à son bonheur.


Éclipse d’étoile de son ombre portée
Sur la Terre, qui absorbe la lumière,
Pour que les hommes, un instant rassérénés,
Croient en l’essentiel et en tous ses mystères.
Un vent froid soudain court sur les immensités,
Stoppant net les amants dans leurs empressements.
Présage de l’avènement de l’insensé,
Une peur secrète englue tous les jugements.


Dieu n’est pas encore né, qu’il est déjà perdu
Dans les frayeurs des ignorants et des gourous,
Au point précis, où hommes et femmes pendus
À leurs croyances bleues se mettent à genoux.
Un bruit médiatique, vendeur de lunettes,
Donne un fond sonore, teinté d’expertises
De scientifiques prospères, en goguette,
Saisissant l’instant pour chasser la bêtise.


Demain sera un autre jour ,sans éclipse.
Oubliées les aurores boréales bleues,
Les vents solaires portant l’apocalypse.
L’addition de un plus un sera toujours deux,
À moins qu’un lutin, surgi de l’ombre ténue,
Ne se soit emparé des tables d’addition,
Jetant les lois d’arithmétique, leurs vertus,
Dans le feu nucléaire des compromissions.

Le temps des hommes ne se décomptera pas
En cache-cache de Soleil et de Lune,
Davantage en connaissances à petits pas
Des sciences d’écoulement des grains de dunes,
D’équations quantiques d’ondes symétriques,
Jusqu’à l’improbable vérité mouvante,
Des amours cellulaires des astres sphériques.
Les océans, bleus du sel des déferlantes.