Connais-tu ce regard, Qui d’abord se pose Sur la toute dernière page, Comme si tout était dit Avant même le moindre des commencements ?
Une curiosité de l’après coup. Une réponse préalable aux questions. Un errement dans le futur ne pouvant être que de l’absence. Une impatience d’adolescent. Un désir à satisfaire pour être vraiment. Une possession sans échappatoire, Dans la nasse fermée de mots indomptables, Sauvages en eux-mêmes et dociles pourtant, Aux rêves d’encre sur papier, Aux embellies d’impossibles maîtrisés.
La dernière page lue avant toute écriture, Sans propositions préalables, Comme un baiser volé sur des lèvres étrangères. Une caresse sur l’interdit d’un frisson quémandé. Magie du sens oublié des convenances, des heures avant l’heure c’est pas l’heure, Des trop tard, fallait venir avant, Des toujours, au mur des impasses abruptes.
Connais-tu ce regard, Quelle est sa couleur, quelles sont ses envies, Est-il encore empreint d’autres lectures Est-il déjà ailleurs dans sa propre aventure ?