La Lune de jour, dans le ciel premier quartier, Croissant blanc posé sur la traînée d’un avion, À l’Est, sur la Chartreuse d’hiver, ses rochers. Les gais sifflets de quelque merle à l’unisson. Ajoutons encore jonquilles et violettes, On se croirait alors sur carte postale Pour touristes d’un beau printemps d’opérette.
Jouir du temps n’est qu’apostrophe banale. Des porte-avions et des kyrielles de drones, Les armes lourdes de la mort se préparent. La guerre expose ses nouvelles icônes. L’incertitude pèse sur toutes les vies, Qu’un missile en quelques instants peut détruire. L’intelligence se marie à la folie, Pour l’invention de destructions à produire. La sang, les larmes, les déchirures des corps Ne sont que le prix tarifé du coût amer Des cyniques, opérateurs chefs de la mort, Pacificateurs ou conquérants fous pervers. La Lune tourne autour de sa planète bleue Sur le fil visible d’un réacteur puissant. Génocides, conquêtes, à force de feux. L’horreur entache les sols d’océans de sang.
La nuit portera l’astre doré d’avenir En orbite nouvelle de pleines rondeurs. Les hommes satisferont leurs plus fous désirs. Ils s’inventeront au jour le jour leurs bonheurs.
L’intelligence artificielle leur dira Le jour exact, heure et seconde précises Du déchaînement des immenses armadas. La fin nucléaire sera sans surprise.