Quand Dieu créa l’ennui Il tomba dans l’oubli Sachant qu’il s’était dit Qu’il était trop petit Pour en doter l’humain Qui l’aurait perverti En frissons de ses reins À tenir l’infini
Il l’offrit au diable Qui ne le reçut pas Offre raisonable Il ne la brûla pas La rangea dans un sac À l’abri des regards Des archanges foutraques Pour s’en servir plus tard
Un jour de quiétude Dieu voulut s’endormir Comme à l’habitude Il forgea l’avenir Le diable en profita Pour coller cet ennui Sur le profil béat Des pertes et profits
Dieu ne dort que d’un œil Dans ses rêves d’ailleurs Il lui fit bon accueil L’accorda au bonheur Le miroir renvoya Les méandres du temps Langueurs d’alleluias Aux regrets des amants
Quand l’ennui se morfond Pour être inachevé Sans hauteur et sans fond Il cherche à s’oublier.