Ne jamais croire ce que le poète écrit Serait une erreur à se perdre en infini Son réel dépasse le cadre d’interdits Pour une balade en pays des sourds non-dits
Tout recevoir de ce que le poète écrit Les merveilles sombres avec les facéties Conduit dans l’impasse des mots noirs rabougris Jetés sur les murs de façades décrépies
Lire le poète est une incongruité Confinant au vulgaire et aux insanités Quand les mots sont de langue américanisée Sur les réseaux sociaux bleus de banalités
Les mots devraient restés enfermés dans l’outre Des violeurs de temps et de tous les jean-foutre En équilibre précaire sur la poutre Du temps dont personne n’a plus rien à foutre
Poète venu du fond des oublis de boue D’orages de vents d’amours et de tortures À patauger dans la fange au cœur d’une soue Où les porcs sont rois du groin et d’aventures
Poète des vertus de l’imagination Où la science s’amuse à se compter les pieds Pour que rime le sens et le qu’en dira-t-on Entre les orteils et l’ouie à vue de nez
Poète des amours douces et saumâtres Comme une eau claire de marigots et d’égouts Où les rats pullulent et qu’on idolâtre Sur des médias dictateurs du nouveau bon goût
Poète à mettre en chansons pour crier la mort Des amours dans un accident de capote Sur le bord d’une route où gisent tous les corps Des délits aux rires sur belles quenottes
Poète du silence de livres fermés Oubliés sous la poussière publicité D’objets à vendre sur écrans médiatisés Mystère enseveli grain de sable envolé.