Le deux avril, un poisson rouge, Poète tournant dans son bocal, Voit que toutes les couleurs bougent, Comme arc-en-ciel du paranormal. Il admire le fond de l’océan, Ses extraordinaires formes. Il nage heureux, au-delà du temps. Il croise la pupille énorme D’un œil humain posé près de lui, Presque collé contre ses lèvres. Un bleu profond soudain le ravit D’une sensation forte et brève. L’immensité le transporte au loin, Dans l’infini de l’espace d’eau Pure et douce, tendre à ses besoins. Un long frisson court sur sa peau. Ses écailles luisent de bonheur. La vie s’empare de cet instant Éternel loin de toutes frayeurs. Solitude extase du moment. Du fond de sa mémoire courte, Il n’a jamais connu cette joie Qu’aucune anicroche n’écourte, Dans cet océan où il est roi.