Cette vieille flemme à traîner avec soi Nonchalance à procrastiner le devenir Ne craindre rien moins que le profond désarroi Jouir du bout des sens d’un camaïeu désir
Effondrement des projections vers le futur L'instant pour délice dans un long abandon À s'étirer mollasson ombre sur le mur A la surface du temps de la déraison
Jouissance passive d'un doux glissement A l'intérieur non contenu d'un autre temps Aux abords tempérés d'un simple effacement Au pourtour du rêve réfutant le présent
Être sans être tout à fait déjà parti Dans l'absence à soi- même dans un bel oubli Léger du goût miel du plus succulent ennui À savourer ce flottement des interdits
La bouche sèche d'un silence de ciment Gorge nouée sur des mots bleus à digérer Laisser le souffle s'inspirer des boniments Sans heurt sans crainte se savoir désespérer
Grain poussière d'un bout de l'univers ouvert Aux mystères des impossibles du réel Lumière et néant d'une onde courbe d'envers Matière et temps confondus dans un même appel.