Les femmes se rasent les poils des aisselles, Sur cette partie nord de la Terre où je vis. Certains hommes aussi, qui font la vaisselle Ou pas, et rasent la toison de leur pubis.
Culture et nature se cachent dans les coins Les plus secrets de nos anatomies cachées Au regard des odeurs du plus prés au plus loin. Chacun se projette dans l’image à donner.
Au Sud de cette planète et ailleurs aussi, Les odeurs grégaires et les poils apparents Sont appréciés et peuvent donner appétits Aux rencontres opportunes de beaux amants.
Ici, nos odeurs sont très artificielles, Vendues par des chimistes fixant les canons De la beauté aux normes consensuelles, Qui viennent avec argent faire diapason.
Poil court, poil long, poil ras, naturel ou teinté, Le poil, apparent, rasé ou dissimulé, Demeure un argument fort, en complexité Des approches sexuelles à maîtriser.
L’esthétique du poil traverse les âges. Sur les murs des cavernes, aux écrans sociaux, Elle date les temps et offre des visages Aux sociologues, lecteurs de poils ancestraux
Les hommes cultivent leur système pileux, Pour se donner bonne figure au gré du vent, Pour se croire séduisant, s’afficher heureux, Ils frisent, rasent et peignent leur poil parlant.