Sur les cils d’un ange, des cristaux de givre. Les fesses roses rebondies, tachées de boue, Il essaye, comme il l’a vu dans un livre, De tendre son arc, mais sa vue demeure floue.
Des empreintes de rouge à lèvres sur les joues, Son petit sexe est tendu sous son ventre rond. Il ne sait plus très bien ce qu’il ressent, ni où Se trouvent sa tête et ses jolis cheveux blonds.
Il tire une flèche, puisqu’il sait qu’il se doit De le faire du bout de ses tout petits doigts, Mais ne peut pas précisément cibler l’endroit, Qu’il vise sur l’image d’un joli minois.
L’alcootest ne circule pas chez les anges, Pour qui la griserie des amours est rare, Alors quand le sexe soudain les démange, C’est jour de débauche et de choses bizarres.
Il crie et chante à tue-tête des sons d’orgies, Saisis en passant un soir de fête chez Dieu, Qui venait de créer le Monde et ses folies. Son sexe gonfle encore et devient douloureux.
Sa vue se brouille entre les étoiles givrées. Il sent la chaleur de ces quelques doux baisers, Qu’une nymphe en goguette lui a prodigués. Il brûle de fournaise, prêt à exploser.
Il pousse un cri d’extase, jamais entendu, Transis soudain d’un spasme explosif de grand feu. L’ange ne savait rien des amours et du cul. Il venait de découvrir l’orgasme des dieux.
Il abandonna arc et lyre aux étoiles, Se mit en quête de ces formes du bonheur, Qui soudain lui apparaissaient sous le voile Des histoires à dormir debout pour rêveurs.
Peu importaient le givre, le froid, la glace, Il sentait en lui cette chaleur nouvelle, Qui l’irradiait occupant toute la place. L’amour lui donnait maintenant de vraies ailes.