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Jean L INFONTE

La porte sur l'Adige

L’Adige s’embrume et le jour décline.
A l’abri des créneaux, je fixe le fil des flots
Et les murs des berges à l’épure si fine.

Sous le vieux pont, ses piles en îlots
Elèvent l’univers et l’étroit espace
De ce royaume entre les eaux éclos.

Je songe aux échos sur la carapace
Des pavés. Les sabots dans l’élan d’un galop
Martèlent le tempo des chansons fugaces.

Un soleil ovale aux couleurs de sirop
Dilue en bleues saveurs l’air lourd de ses glaces
Qui glisse au courant ses huiles en trop.

L’équilibre du soir que le noir menace
Repose au fléau et du pont l’échine.
Je cite le Dante dont les vers m’enlacent :

"Par moi on va dans la cité dolente, par moi on va dans
L'éternelle douleur, par moi on va parmi la gent perdue.
Justice a mû mon sublime artisan, puissance divine m'a
Faite, et la haute sagesse et le premier amour. Avant moi
Rien n'a jamais été crée qui ne soit éternel, et moi je dur
éternellement. Vous qui entrez laissez toute espérance."

L’Adige s’embrume et le jour décline.
A l’abi des créneaux, je fixe le fil des flots
Et les murs des berges à l’épure si fine.

Le soleil disparaît d’un ultime halo.