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Jean L INFONTE

Des siècles et des siècles

Les cohortes coulent de Phrygie sur les sols qu’épongent
Des envies en colonnes de sel sans jamais entendre la
Plainte des chants du Styx mais l’Achéron s’éteint avant
Que ne paraissent les ailes et le ciel frémit dans la buée
Des mémoires d’un aède cerné par un continent d’îles qui
Projettent des ombres sur la toile d’enfer de l’araignée
Qui tisse la cordée des adeptes sous des formes de navires
Que le trait de galène d’un architecte qui par amour du
Risque sur la pointe de verre retient la pesée des idées
Et le coup des couleurs qu’épongent des envies en colonnes
De sel.

Le beau tue le vrai mais jamais le contraire n’aura la
Primauté.

J’ai marché des siècles et des siècles.

Mon manteau m’envahit.

Au faîte de mes gloires, les corbeaux emportent les
Morceaux et l’ivresse de mes nuits colporte la misère des
Chutes d’eau et le goût des cerises que la soie du papier
Enferme, les champs lâchent la semence des blés quand le
Diamant pris de gel passe à l’étau des phrases dont les
Mots crissent que chaque lettre brûle et qu’à jamais la
Portée de l’arc enferme le vide des espaces où résonnent
Les appels de ceux qui regardent les foules et réclament
Du doigt le bien qui est du, héritage des temps qu’un
Mirage évapore et renvoie sans cesse à l’ivresse de mes
Nuits.

L’erreur tait la faute et tout démontre que le contraire
Est vanité.

J’ai marché des siècles et des siècles.

Mon manteau resplendit.