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Isabelle Camarrieu

À la mère inconnue... Sur le quai de la gare


L’attendue est sans visage plus. Un rêve adoré pour advenir, sans jamais se produire. L’attendue chargée de bras ouverts et de sourires immenses ne coïncide pas à celle qui descend, touche terre après le marchepied. Cette dernière est un avatar, une réalité. Être toujours imparfait.
L’attendue à ce goût perdu, d’espérance et de pardon. Son front se relevant s’évase en lenteur pleine, majestueuse à l’entièreté du ciel.
Regard dont les prunelles dansent des douceurs exquises, bouche charnue aux mots avenants.
L’attendue n’avait aucun engagement sur les promesses que d’autres pour elle avaient tenus. Sans doute l’aurait-elle fort voulu, si elle avait pu. De ce désir-là, l’attendue, d’essence absolue, ne mourra pas. Elle est comme la vierge statue, figure antérieure, primordiale intérieure, à laquelle aucune ne se compare plus. Voyez-vous, cette attendue, ce référentiel d’absolu, ce ne peut être moi.