Quatre jours en Touraine, loin des estimations et des affaires, J’ai repris la truelle, le mortier et les vieilles pierres, Un vieux mur effondré réclamait mes deux mains, Et j’ai rebâti pour mon fils, en maçon du lendemain.
Puis, sous le grand marronnier, laissant sécher mes joints, J’ai troqué le ciment pour les pages et les mots fins, JIEL m’attendait, poète devenu romancier, Et son ange aux ailes brisées m’a tout de suite emballé.
Ferdinand, enfant meurtri par un père sans tendresse, M’a rappelé Cosette, livrée aux Thénardier sans faiblesse, Deux enfances bafouées, deux destins malmenés, Mais deux êtres debout que la vie n’a pu briser.
Comme ce mur écroulé que mes mains ont relevé, Ferdinand, pierre après pierre, a su se reconstruire et rêver, Il suffit parfois d’une main pour qu’un mur puisse tenir, Et d’un peu de poésie pour qu’une aile puisse repartir.