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FRANK PRIMAULT

L'Héritage invisible

Mon patronyme demeurait orphelin alors que mon prénom n’avait aucune suite face à mon reflet.

Aussi loin que cela ne remonte, les réminiscences n'ont jamais d’âge pour chercher une histoire sur toi.

Au matin, l’aurore me trouvait toujours seul, mais sous la douleur je devais avoir tes bras autour de moi.

Les pénates m'étaient inconnus, comme une vague qui me survolait, en toute franchise la profondeur était douloureuse.

Une vacuité habitait chaque pièce de mon être, cruelle est la vie de voir les autres enfants avoir un cheval comme protecteur, mais en moi tu resteras mon roi.

Les lambeaux du temps s'accrochaient aux murs, où à chaque passage j’imagine ton reflet.

L'effluve du passé ne me quittait jamais, car cette peur me conduit à regarder mon enfant avec beaucoup d’amour, m’aurais-tu aimé ?

Mon viatique tenait dans un silence et mon imaginaire, après une dispute à l’école, m’aurais-tu blâmé ? Je l’aurais apprécié.

Malgré mon cri sans sommeil, le firmament refusait toute réponse à mes colères, car vivre sans repère est un crime.

Je laissais toujours une issue, car l’embrasure attendait encore quelqu’un, toi.

Les stigmates ne demandent jamais pardon, de voir combien mon enfant a été un enfer.

Un ange tel un souffle ou une chimère veillait sur mon enfance, oui cette présence me réchauffait tel un volcan.

Le crédo des absents demeure intact, donc pas d’inquiétude.

Chaque huis portait une énigme, car aussi loin que remontent mes souvenirs, on me dit parfois que je te ressemble trait pour trait.

Difficile mais réel, car mon exil commençait dans mon berceau d’être et d’avoir été la risée de mon propre bonheur.

Au pied de ma demeure, la mansuétude ne franchit jamais ce seuil, quelle horreur.

L'ataraxie ne visita jamais ma demeure, seul l’amour des femmes que j’ai chéries.

À la belle étoile, les auspices m'étaient défavorables, comme un mauvais présage au crépuscule d’un jour oublié.

Partout, on me dit que l’indicible portait mon visage, toi le reflet de mon reflet papa.

Je me pose ici pour mon dernier souffle, je naîtrai avant d'être attendu, au firmament je te retrouverai.